China Analysis: édition spéciale sur l’ANP et les réformes

Jusqu'où l'ANP est-elle prête à aller dans la mise en place de réformes?

ECFR Alumni · Director, Asia and China Programme
Senior Policy Fellow
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Cette semaine, la classe dirigeante chinoise se réunit à l’occasion de la réunion annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP) – un événement qui annonce le travail gouvernemental pour l’année à venir. La liste des sujets à aborder de Xi Jinping est particulièrement longue : problèmes environnementaux, attaques terroristes et corruption endémique ne représentent qu’une faible partie de l’ensemble des difficultés sur lesquelles les dirigeants chinois vont devoir se pencher. Malgré des déclarations ambitieuses lors du « Troisième Plenum », le doute plane sur la volonté de l’ANP à entreprendre des réformes concrètes.

 

Cette édition spéciale de China Analysis, publiée conjointement par l’ECFR et Asia Centre, s’intéresse au suivi du plan de réforme de Xi Jinping qui peut résulter de cette session de l’ANP :

 

  • Groupes d’intérêt : un exemple de despotisme éclairé ?Les critiques disent que le plan de réforme semble trop centralisé et partant d’en haut. Les groupes d’intérêt tels que des gouvernements locaux et les entreprises publiques y résistent souvent : les réformes peuvent-elles passer sans dynamisme de la société à la base ? 

 

  • Un Comité National de Sécurité à la chinoise ? La toute nouvelle Commission Centrale de Sécurité Nationale, qui a été à l’origine de nombreuses spéculations, s’ajoute à de multiples structures de conseil et de décision en matière de sécurité nationale en Chine.

 

  • Le droit comme outil économique ?Les réformes légales envisagées le semblent en priorité pour soutenir les réformes économiques chinoises. La Chine envisage de faire un grand écart en laissant de côté les réformes politiques et toute option constitutionnaliste.  

 

L’évolution la plus intéressante n’est très probablement pas un acte de réforme : c’est la décision sans précédent prise par la banque centrale chinoise de déprécier le renminbi fin février. Certes, la banque centrale chinoise n’aurait jamais pu adopter cette position sans un feu vert préalable de la classe dirigeante. Ce changement de cap aura aussi une conséquence négative en alimentant la course à la dépréciation monétaire. Mais il marque le fait que la banque centrale a obtenu un certain degré d’autonomie financière et frappe un coup à l’encontre des intérêts établis qui spéculent régulièrement à la hausse du renminbi – François Godement