Vers un changement de régime en Russie?

La semaine prochaine les dirigeants européens se rendront à Iekaterinbourg à l’occasion du sommet UE-Russie des 3 et 4 juin. Ils y découvriront une…

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La semaine prochaine les dirigeants européens se rendront à Iekaterinbourg à l’occasion du sommet UE-Russie des 3 et 4 juin. Ils y découvriront une nouvelle Russie : un pays où, malgré le retour de Vladimir Poutine au Kremlin, l’ère de la « démocratie dirigée » (au sein de laquelle le Kremlin manipulait l’échiquier politique en profitant des prix élevés du pétrole), est bel et bien finie.

Les positions des dirigeants européens exprimées lors du prochain sommet doivent donc être à la mesure des changements qu’a connus la Russie et montrer que l’Europe est capable d’envisager une Russie post-Poutine. Le troisième mandat présidentiel de Poutine est en effet fragile, s’appuyant davantage sur la coercition que sur la cooptation et en proie à des problèmes économiques considérables.

Dans une nouvelle note de l’ECFR intitulée « Vers un changement de régime en Russie », Kadri Liik explique comment la nature du pouvoir de Poutine a progressivement évolué et  ce que cela signifie pour l’Union européenne dans son ensemble.

  • Afin de préserver l’efficacité de certaines de ses politiques vis-à-vis de la Russie, l’Europe doit s’attaquer au problème de sa propre sécurité énergétique (diversification des voies d’approvisionnement, création d’un marché commun de l’énergie) et prendre des initiatives fortes contre la corruption. Cela rendra les Etats membres de l’UE moins vulnérables à la tactique du « diviser pour mieux régner » employée par Moscou.
  • Comme la Russie partage plusieurs des préoccupations occidentales sur le Moyen-Orient, elle pourrait répondre favorablement à l’offre de contribution à un accord réaliste sur la Syrie et l’Iran. L’UE ne doit pas pour autant donner carte blanche au Kremlin sur la question des droits de l’homme et de la démocratie en échange de cette coopération.
  • Comme d’habitude, Poutine sera prêt à exploiter l’indécision et la faiblesse européennes, par exemple sur des questions comme l’exemption de visas. Les européens doivent se montrer forts, en combinant par exemple leurs ressources et leurs capacités sur le terrain pour assurer une représentation aux procès politiques actuellement en cours en Russie, comme celui de l’opposant Alexei Navalny.

« Au cours de son troisième mandat présidentiel, Vladimir Poutine fait face à une chute de popularité et une insatisfaction généralisée qui se manifestent au sein d’une opposition large mais fragmentée au Kremlin. Le filet de sécurité des revenus élevés du pétrole n’est plus. L’Europe va devoir apprendre à composer avec cette nouvelle Russie, comprendre comment elle a changé tout en élaborant des politiques plus efficaces pour y faire face. » Kadri Liik

 

Contexte:

  • Le sommet UE-Russie se tiendra le lundi 3 et le mardi 4 juin 2013 à Iekaterinbourg en Russie.
  • L’UE devrait y être représentée par le Président du Conseil européen Herman van Rompuy, le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.

 

Télécharger : cliquez ici pour télécharger « Vers un changement de régime en Russie » (en anglais, format PDF)