La Chine doit repenser ses relations avec ses voisins d’Asie du Nord-Est

Les relations de la Chine avec ses quatre voisins d'Asie du Nord-Est doivent être repensées

ECFR Alumni · Director, Asia and China Programme
Senior Policy Fellow
ECFR Alumni · Associate Fellow
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La Chine doit repenser ses relations avec ses voisins d’Asie du Nord-Est

Un certain nombre d’évolutions ont influencé l’environnement direct de la Chine en Asie du Nord-Est en 2013 et 2014. Le nouveau leader coréen, Kim Jong-un, a déployé une politique étrangère plus affirmée, accentuant ainsi l’isolation de la Corée du Nord. Chine et Corée du Sud se sont rapidement rapprochées sous Park Geun-hye. A Taiwan, le Kuomintang (KMT) a essuyé une défaite retentissante aux élections locales de novembre, ouvrant la voie à une possible victoire du DPP (Democratic Progressive Party) aux prochaines élections générales. Enfin, la Chine et le Japon ont, timidement, rétabli leurs relations diplomatiques, qui étaient au point mort depuis près de deux ans. Ainsi, les évolutions à venir de ces quatre relations sont incertaines, mais cruciales pour la stabilité dans la région.

Le dernier numéro de China Analysis, “A China reset in Northeast Asia”, se penche sur les relations de la Chine avec ses quatre voisins d’Asie du Nord-Est. Il souligne la nécessité pour la Chine de repenser sa politique étrangère et de sécurité dans la région :

  • Les relations Chine-Corée du Sud sont « aujourd’hui au meilleur de leur histoire ». Cependant, pour éviter que la Corée du Sud ne continue de favoriser les Etats-Unis, la Chine doit contribuer elle aussi à assurer la stabilité de la péninsule coréenne.
  • Isolée dans la région depuis son essai nucléaire de 2013, la Corée du Nord s’est rapprochée d’une autre puissance asiatique isolée : la Russie. Le rapprochement entre les deux pays ne constitue pas une menace pour la Chine, mais pourrait encourager Pékin à « briser la glace » avec la Corée du Nord, tout en se rapprochant de la Corée du Sud et des Etats-Unis pour promouvoir la dénucléarisation de la péninsule.
  • A Taiwan, la défaite du KMT aux élections locales semble annoncer une alternance politique aux prochaines élections. Alors que la politique chinoise du KMT ne semble pas être la raison principale de la défaite du parti, un président issu des rangs du DPP pourrait remettre en question dix années de relations entre les deux rives dominées par le KMT.
  • Finalement, la plus grande incertitude en Asie du Nord-Est concerne les relations sino-japonaises. Après deux années d’interruption des rencontres bilatérales de haut niveau entre les deux pays, les deux chefs d’Etat se sont finalement rencontrés en Novembre 2014. Néanmoins, cette trêve reste très fragile.

Dans son introduction, François Godement, directeur du programme Chine et Asie de l’ECFR, note que « ces évolutions justifient une refonte de la politique étrangère et de sécurité chinoise en Asie du Nord-Est ».

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