Guide pour la soirée électorale : Les questions à se poser le soir des élections européennes

L'ECFR vous propose un guide de poche des observations et des questions à se poser à la suite des élections européennes. 

Head, ECFR Madrid
Senior Policy Fellow

Etes-vous curieux de savoir que penser dimanche soir/lundi matin au sujet des résultats des élections européennes ? Nous vous proposons un guide de poche avec trois questions que vous devriez vous poser.

 

1.       Le taux de participation

 

La participation des électeurs n’a fait que diminuer depuis les premières élections de 1979. Le taux de participation est tombé de 62% à 43% en 2009 (voir le tableau ci-dessous).

    

Mais ces données masquent de grandes différences entre les pays. Aller voter est obligatoire en Belgique, au Luxembourg, en Grèce et à Chypre, ce qui explique qu’ils affichent des taux de participation parmi les plus élevés.  Mais au Danemark, à Malte, en Irlande et en Lettonie, la participation était supérieure au seuil des 50% pour les élections de 2009. Ensuite, on retrouve sept pays où la participation avoisine les 40%, incluant l’Autriche, la Suède, l’Espagne, l’Estonie, l’Allemagne, la France, la Finlande. Les deux premiers pays de cette liste ont un taux de participation proche des 50% captant ainsi davantage notre attention. Mais ensuite, il y a un groupe de 11 pays (Bulgarie, Portugal, Pays-Bas, Hongrie, Royaume-Uni, Slovénie, République-Tchèque, Roumanie, Pologne, Lituanie et Slovaquie) où la participation est inférieure à 30% voire même 20% dans les deux derniers cas. La légitimité des décisions prises par le Parlement européen dans ces pays peut être remise en question. Les sondages prédisent qu’ils seront à nouveau sous la barre des 50% pour cette élection (voir le graphique ci-dessous). Surveillez-les de près.

      

      

 

2.       Surveiller la taille du bloc eurosceptique, qui devrait selon les sondages devenir la troisième force politique au sein du Parlement européen

 

Il s’agit de se tourner en premier lieu vers le Royaume-Uni, la France et l’Italie afin de voir si l’UKIP (Nigel Farage), le FN (Marine Le Pen) et le mouvement des Cinq Etoiles sont devenus les premières forces politiques dans leurs pays respectifs. S’ils y parviennent, cela génèrera un tremblement de terre dans les dynamiques politiques nationales. Ensuite, je suggèrerais de jeter un œil aux résultats de l’AfD en Allemagne, du PVV aux Pays-Bas, du FPÖ en Autriche et du Parti populaire danois. Pour conclure, je me tournerais vers la Grèce afin de voir dans quelle mesure Alexis Tsipras a été capable de dépasser les principaux partis, et si nous allons connaître un Parlement européen incluant de vrais nazis.

            

3.       La position de Juncker

 

Dernier point, mais pas le moindre, il s’agit d’observer si Juncker est suffisamment loin de  Schulz pour affirmer qu’il a battu les socialistes et être nommé plus ou moins automatiquement président de la Commission. Juncker a besoin d’obtenir un score nettement supérieur à celui de Schulz. En l’absence d’un tel score, les socialistes pourraient remettre en cause sa victoire en dénonçant la contribution controversée du FIDESZ de Viktor Orban (Hongrie) et de Silvio Berlusconi (Forza Italia). Concrètement, ni Juncker ni Schulz ne parviendra à obtenir une majorité absolue et aura donc besoin de l’autre. Toutefois, s’ils sont liés, le Conseil pourrait être tenté d’avancer qu’aucun n’a réellement gagné l’élection et proposer un candidat alternatif. Cela ouvrirait la voie à une confrontation entre le Conseil et le Parlement.

Donc, le soir de l’élection, prêtez attention au taux de participation, considérez les eurosceptiques et observez le score de Juncker. Et pour une analyse sur les coalitions probables, consultez notre article Qui gouvernera l’Europe après les élections européennes ?