[Conférence] “L’Exception française face à l’Europe”

Le 13 mai 2014, l'ECFR a organisé une conférence autour du thème "L'Exception française face à l'Europe", accueillie par l'ambassade d'Irlande à Paris. Laurence Parisot et Josef Janning étaient les invités du débat, animé par François Godement. 

ECFR Alumni · Director, Asia and China Programme
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ECFR Alumni · Head, ECFR Berlin
Senior Policy Fellow

La question de « l’Exception française face à l’Europe » a été débattue lors du débat tenu par Josef Janning, directeur du bureau de l’ECFR à Berlin et Laurence Parisot, actuelle vice-présidente de l’Ifop, le 13 mai dernier dans les locaux de l’Ambassade d’Irlande.

La discussion a porté sur la montée des eurosceptiques et des courants d’extrême droite ainsi que sur l’image négative qu’ont les Français de l’Europe. Laurence Parisot a ainsi souligné que les Français n’étaient pas contre l’idée même de l’Europe mais que la crise économique qu’ils ont subie a entamé la confiance qu’ils avaient dans l’Europe, soutenus par les discours des dirigeants qui ont rendu l’Union européenne responsable de cette crise. Elle a souligné que les courants d’extrême droite, en mettant l’accent sur le sentiment nationaliste et le rejet de ce qui est « en dehors » de la France, fait de l’Europe un étranger à craindre. Josef Janning, lui, a montré queles dirigeants se présentaient comme des représentants de l’Europe au niveau national mais qu’ils utilisaient plutôt les instances européennes pour défendre les intérêts nationaux. Enfin, il a souligné que même si les eurosceptiques obtenaient un tiers des voix aux élections européennes, cela permettrait au Parlement européen de repenser son rôle au sein de l’Union européenne et de se repositionner réellement comme le représentant du peuple européen.

Concernant la situation économique, même si les français semblent aussi pessimistes que les Grecs ou les Espagnols, Josef Janning a rejeté l’image de « malade de l’Europe », comparant la France à l’Allemagne d’avant les réformes de Schroeder, le fait que le duo Hollande-Valls soit de gauche donnant une chance de plus aux réformes s’ils parviennent à maintenir une certaine cohérence. Il a finalement expliqué qu’il était dans l’intérêt de la France de laisser à l’Allemagne le rôle de leader économique au sein de l’Union européenne, tout en soulignant qu’Angela Merkel devait, en ce sens, s’adresser aux Européens plutôt qu’aux seuls électeurs allemands. Enfin, Laurence Parisot a souligné que les futures réformes françaises devaient aller de pair avec des ajustements économiques de la part de l’Allemagne et a, à ce titre, salué les récentes décisions d’augmenter le salaire minimum allemand.

Pour conclure ce débat, l’Ambassadeur d’Irlande Rory Montgomery a affirmé que les « petits » pays européens attendaient du tandem France-Allemagne qu’il fonctionne pour leur permettre d’avoir une vision plus claire des futures politiques à mettre en place.