Préserver l’unité des Européens

Préserver l’unité des Européens : une évaluation de l’état de la cohésion de l’UE Quelle est la force de la cohésion européenne ? Les pays en crises…

ECFR Alumni · Head, ECFR Berlin
Senior Policy Fellow

Préserver l’unité des Européens : une évaluation de l’état de la cohésion de l’UE

Quelle est la force de la cohésion européenne ? Les pays en crises ont-ils perdu cette cohésion qui s’est construite au fil du temps par l’adhésion à l’Union européenne (UE) ?

L’observatoire de la cohésion du Conseil européen des relations internationales (ECFR) collecte et analyse des données sur la volonté et la capacité des Européens à agir ensemble, sur une période allant de 2007 à 2014. Mais quelles histoires de ces Etats membres se cachent derrière ces données ? Dans les données collectées au sein de l’ouvrage «  Préserver l’unité des Européens : une évaluation de l’état de la cohésion de l’UE », Josef Janning rassemble des perspectives venues des 28 Etats membres.

Contre toute attente, cet observatoire indique que la cohésion générale s’est améliorée entre 2007 et 2014, malgré des chocs comme la crise financière. Les 28 profiles nationaux montrent que les facteurs propices à l’engagement national avec l’UE sont dynamiques et de plus en plus variés, suggérant ainsi que la construction de la cohésion pourrait en être plus complexe à l’avenir.

L’ouvrage révèle une fracture significative parmi les Etats membres entre 2007 et 2014. Si l’on classe les pays en fonction de leurs transformations dans leur degré de cohésion sur cette période, la rupture est frappante. Tous les pays d’Europe centrale et orientale ont gagné en cohésion durant cette période. A l’inverse, la cohésion parmi près de tous les pays d’Europe du Sud a décliné, avec des progrès enregistrés seulement à Malte et au Portugal sur cette période.

 

Cet ouvrage reflète ainsi la diversité de la cohésion européenne. Il apporte notamment une analyse sur le contexte national et des évaluations personnelles venues des 28 Etats membres.

Le cas de la France fait ainsi état d’une puissance leader qui échoue à rassembler ses partenaires européens autour d’elle. En tant que pays fondateur de l’Union européenne, la France a toujours ressenti une certaine responsabilité envers le projet européen. Cependant, 60 ans après le Traité de Rome, l’attitude de la France envers le « rêve européen » est devenue plus complexe, et son rôle en Europe est de plus en plus contesté, aussi bien à l’intérieur du pays, que par ses voisins. Du point de vue français, les autres Etats membres ne reconnaissent pas à sa juste valeur la politique étrangère et de sécurité active de Paris et ses efforts politiques pour mettre en œuvre des réformes à l’échelle nationale. D’un autre côté, la France s’est souvent montrée incapable d’unir les partenaires européens autour de son leadership à cause de différences de priorités et de stratégies, et d’une communication peu efficace.