Mieux intervenir : La seconde chance de l’Europe en Libye

Lundi, les ministres des Affaires Etrangères d’Europe, du Moyen-Orient et des Etats-Unis se rassembleront à Vienne pour débattre sur la façon d’aider la Libye

ECFR Alumni · Senior Policy Fellow
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Lundi, les ministres des Affaires Etrangères d’Europe, du Moyen-Orient et des Etats-Unis se rassembleront à Vienne pour débattre sur la façon d’aider la Libye. Une nouvelle note de l’ECFR souligne que la stratégie occidentale, en se concentrant sur la lutte contre Daech ne fait que contribuer au chaos, dans la mesure où certains pays soutiennent des factions s’opposant au nouveau gouvernement. Ce dernier reste  la meilleure chance de stabiliser la Libye, de réguler le flot de réfugiés, et de repousser Daech, et l’Europe devrait se concentrer sur son renforcement – quitte à se brouiller avec des alliés comme l’Egypte.

« Mieux Intervenir : la Seconde Chance de l’Europe en Libye » se base sur un travail de fond dans la région ainsi que sur des entretiens avec des responsables libyens afin d’expliquer comment l’Occident peut mieux intervenir dans le pays après l’échec de la transition post-Kadhafi.

Il soutient que la Libye est à un tournant dangereux. Le gouvernement d’unité fait face à deux autres gouvernements rivaux et des dizaines de groupes armés. Anciennement l’une des nations africaines les plus riches, la Libye a désespérément besoin d’aide humanitaire, et le chaos qui y règne menace de déclencher des flux de migrants et une menace terroriste accrus sur l’Europe.

Dans leurs efforts pour combattre la terreur, le Royaume-Uni, la France, les Etats-Unis, ainsi que de nombreuses puissances régionales soutiennent différentes factions libyennes. Cela nourrit la croissance de puissantes milices ayant peu d’intérêt à soutenir un gouvernement d’unité ou à dépasser leurs différences pour combattre les fondamentalistes.

La communauté internationale a commis de nombreuses fautes en Libye. Les efforts actuels pour créer un gouvernement d’unité est une opportunité de corriger les erreurs du passé, et il est vital que les dirigeants Européens ne la gâchent pas.

Cela signifie l’adoption d’une ligne plus dure avec les alliés régionaux, afin qu’ils stoppent leur soutien aux groupes armés hostiles au gouvernement. Bien que cela puisse résulter en un conflit avec certains pays comme l’Egypte, les Emirats Arabes Unis, ou même les Etats-Unis, cela reste toutefois vital pour stabiliser la Libye.

L’auteur Mattia Toaldo a déclaré :

« Les Européens ont maintenant ce qu’ils ont demandé, à savoir un gouvernement d’unité gouvernant depuis la capitale. Ils doivent prendre garde à ne pas l’accabler avec des exigences irréalistes allant de la fin de la crise des migrants jusqu’à la défaite de Daech. Au contraire, l’Occident doit œuvrer à renforcer le contrôle politique du gouvernement sur le pays ».

« L’UE et ses Etats membres doivent se concentrer sur cinq priorités : l’économie ; la réconciliation intra-Libyenne et la décentralisation du pouvoir ; une offensive diplomatique pour s’assurer que les alliés de l’Europe soutiennent le gouvernement d’unité ; le soutien à un co-commandement libyen dans la lutte contre Daech ; la mise en œuvre d’un plan UE-Libye conjoint sur les migrations ».

« Pour répondre à ces problèmes, l’aide et l’expertise sont importantes, mais des efforts au plus haut niveau politique le sont encore plus – et c’est précisément ce qui a manqué après 2011 ».

Note aux rédactions :

Vous pouvez télécharger le PDF de « Mieux intervenir : La seconde chance de l'Europe en Libye» ici.

Mattia Toaldo est disponible pour des interviews et commentaires. Merci de le contacter au [email protected] ou +44 7584 653 153, ou de contacter le bureau de presse de l’ECFR au [email protected]

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