L’Union européenne, l’Algérie et le nord du Mali

La situation extrêmement critique au nord du Mali représente une menace grandissante pour la sécurité du Sahel. Alors que le Premier ministre malien vient…

Director, European Power programme
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La situation extrêmement critique au nord du Mali représente une menace grandissante pour la sécurité du Sahel. Alors que le Premier ministre malien vient de remettre sa démission sous la pression de l’armée, il est devenu urgent de débattre des conditions de possibilité d’une intervention internationale.

L’Algérie voisine est perçue comme un pays clef pour le succès d’une éventuelle intervention tout particulièrement en raison des renseignements dont disposent ses services secrets sur les groupes islamistes impliqués dans la prise de contrôle du nord du Mali. L’Algérie se montre cependant réticente à soutenir une intervention mandatée par l’ONU dans son voisinage immédiat.

C’est dans ce contexte que l’Union européenne vient d’accepter d’envoyer une mission d’entrainement pour soutenir une opération qui sera pilotée par les forces africaines. Mais l’intérêt grandissant des capitales européennes pour la question malienne risque de compromettre les tentatives menées à un niveau communautaire ayant pour but d’établir une relation de confiance avec l’Algérie.  

Dans une nouvelle note de l’ECFR intitulée « L’UE, l’Algérie et le nord du Mali », Susi Dennison élabore une série de propositions pour éviter un tel décrochage :

  •  L’UE doit se rendre plus visible en Algérie :les Etats membres de l’Union doivent renforcer leurs relations bilatérales avec l’Algérie dans le cadre d’une stratégie européenne globale vis-à-vis de la région.
  • Faire de l’Algérie un partenaire privilégié en matière de sécurité :l’UE doit développer la dimension stratégique de sa relation avec l’Algérie. L’UE devrait nommer un général trois étoiles au poste de Représentant Spécial pour la Sécurité dans la région du sud de la Méditerranée.
  • Mettre en place davantage d’incitations économiques :l’Europe doit pousser l’Algérie à faire les réformes nécessaires pour endiguer la corruption et réduire les démarches bureaucratiques afin de diversifier son économie et attirer plus d’investissements.
  • Promouvoir le commerce intra-régional :l’UE devrait encourager et faciliter le développement de liens commerciaux entre les pays d’Afrique du Nord.

Cliquez ici pour télécharger une copie PDF de la note “L’UE, l’Algérie et le nord du Mali”.

 

Quelques éléments clefs 

  • L’Algérie est le plus grand pays du Maghreb et possède l’une des plus grandes économies de la région, avec une réserve de pétrole estimée à 12 millions de barils.
  • Le Président Abdelaziz Bouteflika s’est maintenu en fonction depuis 1999 avec les promesses d’assurer la sécurité, rétablir le poids international de l’Algérie et  maintenir les islamistes à l’écart du pouvoir après une décennie de guerre civile.
  • Au printemps 2012, des groupes islamistes ont pris le contrôle du nord du Mali où des formes extrêmes d’application de la charia ont depuis été constatées.
  • Un consensus international esten train d’émergersur de la nécessité de soutenir les institutions étatiquesde Bamako pour rétablirla situation. La résolution 2071 de l’ONU permet d’envisager le déploiement d’une force internationale d’assistance aux autorités maliennes, sous mandat du Conseil de sécurité pour leur permettre de recouvrer leur souveraineté territoriale.
  • Trois des pays voisins de l’Algérie sont désormais dirigés par des gouvernements islamistes.
  • Au Mali 400.000 personnes ont été déplacées et des millions risquent de se retrouver dans une situation de famine à cause du conflit. L’Algérie et le Mali partagent une frontière commune de plus de 1000km.
  •  L’Algérie est en passe de devenir le principal pays utilisateur de l’initiative de jumelage institutionnel mis en place par l’Union européenne.

Cliquez ici pour en savoir plus sur le programme Afrique du Nord et Moyen-Orient de l’ECFR