BCM – Russie-Chine – 30 mars 2015

Tenue d'un BCM sur la nouvelle relation sino-russe

Guests

Prof. François Godement

François Godement est directeur du programme Asie et Chine du Conseil Européen des Relations Internationales (ECFR). Il est directeur de publication de la revue China Analysis. Il est également un collaborateur régulier de revues et des médias internationaux.

Ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et de l’université Harvard, et docteur en histoire de la Chine contemporaine, ses principaux thèmes de recherches sont la politique étrangère chinoise, les facteurs intérieurs dans les conceptions stratégiques et internationales de la Chine, la  politique comparée en Asie orientale, les processus d’intégration en Asie, l'architecture de la sécurité et des relations internationales en Asie.

Alexander Gabuev

Rédacteur en chef adjoint du magazine hebdomadaire russe Kommersant-Vlast, A. Gabuev est aussi membre du Conseil politique des affaires étrangères et de défense russe. Après avoir étudié à l’Université du Zhejiang à Hangzhou en Chine, il est revenu à Moscou et a poursuivi ses recherches à l’Institut d’Etudes Asiatiques et Africaines sur la montée du nationalisme chinois. Il est diplômé de l’Université de Moscou en Histoire de Chine.

 

Organisation d'un Black Coffee Morning (BCM) en présence d’Alexander Gabuev, chercheur associé à l’ECFR et spécialiste de la Russie et du professeur François Godement, Directeur du programme Chine et Asie de l’ECFR.

Dans son dernier Policy Brief, “A 'Soft Alliance'? Russia-China relations after the Ukraine crisis”, Alexander Gabuev revient sur la relation sino-russe depuis 1989. Il note que trois périodes se sont succédées: une première d'éloignement relatif (1989-2000), une deuxième de rapprochement (2001-2008) limité, et une troisième de renversement du rapport de force entre les deux pays (2009 à aujourd'hui) – en raison notamment de la montée en puissance économique de la Chine – et de rééquilibrage de la politique russe vers l'Asie et notamment Pékin. Aujourd'hui, nous dit l'auteur, la relation se concentre sur trois domaines stratégiques: l'énergie, la finance, et les infrastructures et technologies. Cette relation, ajoute Gabuev, pourrait se développer dans le moyen terme autour des questions de coopération en Asie Centrale, de remise en cause du système et des institutions de Bretton Woods, et sur certains éléments de politique intérieure. Alexander Gabuev en tire la conclusion que le rapprochement sino-russe pourrait notamment diminuer l'impact des sanctions européennes, et favoriser un axe sino-russe d'opposition au libéralisme économique global. Pour éviter que cela ne se produise, l'Europe doit fournir à la Russie une alternative à Pékin, en autorisant Tokyo et Séoul à continuer d'échanger avec et d'investir en Russie.