Revenir à Paris après 20 ans passés Francfort, Bruxelles et Washington, c‚est retourner dans un paysage marqué par des souvenirs - souvenirs d'enfance, certes, mais aussi premiers pas d'apprenti journaliste à l'Agence France Presse, à Radio France Internationale et au Matin de Paris, dont Max Gallo dirigeait alors la redaction et qui ferma ses portes peu après mon passage. Mais revenir après 20 ans, c'est surtout aller à la découverte: d'une ville dont le paysage urbain a évolué, d'une France dont le paysage politique n'est plus le même.
Le départ pour Washington de Dominique Strauss-Kahn (un de nos membres fondateurs), marquera sans doute la fin définitive de l'ère post-mitterrandienne à gauche. Et l'on n'a peut être pas assez relevé le fait que le retrait de Jacques et de Bernadette Chirac signifia pour la droite un changement plus profond encore: le départ d'un couple présidentiel qui, par ses souvenirs et son vécu, était directement rattaché aux fondateurs historiques du Gaullisme.
Ce n'est donc pas une simple platitude que de dire que la Présidence de Nicolas Sarkozy marque l'avènement d'une France plus contemporaine, moins liée aux habitudes de pensée du passé. La volonté présidentielle de dynamiter les pesanteurs et de jouer la carte d'une modernité décomplexée est évidente jusque dans le choix des images qui doivent symboliser la nouvelle geste élyséenne: il suffit de voir le Président-joggeur enfiler à New York un sweatshirt décoré des initiales NYPD. Cela ne surprend déjà plus; mais vouloir un instant imaginer Jacques Chirac ou François Mitterrand paré du même costume, c'est réprimer un sourire et se dire que si le style fait l'homme, la promesse de rupture du candidat Sarkozy fut bien tenue par le Président.
Voilà qui mène bien loin de l'ECFR et de la politique étrangère de la France et de l'Union européenne, me direz-vous. Pas si sûr. Nicolas Sarkozy veut rompre avec la donne et moderniser l'image, la pensée et parole française, en commençant par l'Élysée. Cette volonté de renouvellement, comme le montre déjà la nomination de Bernard Kouchner, ne s'arrête pas aux portes du Quai d'Orsay. L'ECFR ne peut que s'en réjouir. Ce n'est pas flatter la France que de dire que depuis Jean Monnet, ses politiques et ses citoyens furent souvent les premiers en Europe à formuler pour l'Europe des propositions audacieuses et imaginatives. Sans une France dynamique et prête à chercher de nouvelles réponses aux nouveaux défis, l'Europe ne trouvera pas la force de porter sa parole et son action dans le monde. Revenir à Paris comme directeur de l'ECFR en France, c'est vouloir travailler à l'émergence d'une véritable Europe-puissance portée par le gouvernement, la politique et les citoyens français. Plus qu'un retour, plus qu'une découverte: une belle aventure.
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Merci pour la pommade.
Cela dit, oui, ?a va bien au del? du quai d’Orsay. Et m?me au quai, bien au del? de Kouchner.
En route, donc, pour l’aventure.
Au passage: il y a apparement un petit probl?me de saisie dans l’adresse mail automatique de paris situ?e dans la rubrique “contact”. Cette adresse a un nom de domaine (eufc.ed) qui n’existe pas.
Thank goodness for the Babelfish translation service.
The post refers to the departure of Dominique Strauss-Kahn to Washington to head up the International Monetary Fund. This is of particular interest to Europe. Much is expected, and he is aware the IMF’s legitimacy is at stake.
Following many complaints about this key agency of the United Nations (IMF), an internal evaluation of the public organisation was carried out and found a lack of even-handedness in its supervision of the global economy. Europe, China and Russia all have good reason to demand recompense from the IMF - and relocation from America.
? xavier delcourt: merci d’avoir attir? l’attention sur le petit bug!